|
|
Extraits :
... l’homme serait-il juste devant moi ... serait-il pur devant celui qui l’a fait ...
Avant même qu’ils ne devinent la véritable raison de leur existence.
Avant même qu’ils ne découvrent mon invraisemblable nature.
Avant même qu’ils ne soient en mesure d’appréhender le sens, le but de mon passage parmi eux.
De ma profonde, indéracinable intrusion en eux.
...
Sous la chaleur d’un midi calciné tout ce qui existe feindra alors de s’accorder un nouvel, interminable répit. Tandis que, dans la torpeur d’une épaisse et lourde nuit tout ce
qui doit disparaître précèdera son propre chaos.
Déjà, partout, une étrange lourdeur paralyse un rythme acquis depuis des millénaires. Celui-là même qui, prometteur, leur aurait permis de communiquer avec ces autres
et multiples univers.
Mille, pour lui comme pour eux, mille fois hélas !
|
Telle la fatalité d’un crime abject, pourtant nécessaire, sur lequel ils refusèrent trop longtemps d’ouvrir les yeux, leur inconséquente bêtise, suppurante à force d’hésitations faussement
calculées et d’ignorance clivée refusa de me reconnaître.
À m’accepter enfin !
À s’éveiller tout à fait.
À s’ouvrir docilement à moi.
Pour affronter avec une certaine jouissance et une infinie gratitude ma vérité carnassière.
...
Ils sont enfin de retour !
Ainsi qu’il l’avait, au fond, toujours secrètement espéré.
Hésitant, écartelé entre l’appréhension de se tromper, entre sa joie et sa crainte vis-à-vis d’un inconnu aux multiples facettes, il devra désormais compter avec cette
inexplicable et fragile certitude. Avec cette mystérieuse présence à ses côtés. Avec ce désir de la fuir, de s’en protéger, de la refuser tout en s’y soumettant.
Rivée au centre de son être étonné, magnétisé, cette silencieuse et vorace présence planera délicieusement sur l’écheveau de sa mémoire captive. S’infiltrera sournoisement,
par le biais du hasard et de l’évidence émasculée sous chacun de ses pores.
Largement ouverts, vibrants devant la trouble jouissance du fouet carnaval et de la rose épicée.
Depuis toujours étranger parmi les siens, il sera dans l’obligation de tout remettre, ici-bas, en question. À cheval, en équilibre instable sur les plateaux hésitants de
l’infernale balance truquée, il existera avec cette angoisse plantée dans les iris. Combien exigeante, mais rédemptrice.
Humaine.
Sans cesse un peu plus écrasé, anéanti entre la trouble, la douloureuse et combien palpitante joie de les retrouver. Et l’inavouable désir de s’en méfier, de les
repousser.
Ceux d’ailleurs...
Les siens.
Jusqu’ici sans visages.
Ceux de sa race.
Ceux du mirage. D’un si lointain autre part.
Issus de ces infinis bariolés !
De pulpeuses et chimériques contrées.
Ainsi se déroulera pour lui la dernière phase de l’illusion.
Celle qui triturera, affolera ses tempes meurtries. Accélèrera son pouls.
Activera la Cadence de l’Ombre, la mienne.
Celle qui imprime déjà au creux de ses paumes très blanches la marque étoilée.
La même qui accompagne et berce toute singulière destinée.
Ainsi puis-je, émerveillé, découvrir, analyser la douceur, l’approche, la rencontre complice, prudente et feutrée, de chaque nuit, de chaque nouveau jour. De cette
obsédante Cadence qui m’enveloppe. M’isoler au cœur de son opaque fourreau. Etre parfaitement en mesure de disséquer chaque réflexe, chaque sentiment, pénétrer au centre de chaque
conscience.
L’odeur âcre et sucrée des troènes en fleurs parvient jusqu’à moi, jusqu’à mon chevet. Elle envahit, noie ma chambre. Je la découvre pour la première fois. Rouge détresse, à
mi-hauteur ourlée d’un élégant ruban de vie, sperme contorsionniste, aux fluorescents déliés. Je discerne au plafond, ma propre image ou mon double chevauchant une lune pleine, aux larges
flancs tubercules. Ensorceleuse femme lys aux vastes hanches minées par de ravissants hoquets. Moite, à la merci de mes rêves et désirs. Elle tente, dans un suintant rictus coprophage, dans une
interminable et gloutonne succion, de m’aspirer, de s’enraciner à mes lèvres. Tandis que les siennes s’ouvrent à moi. Bas et haut intimement confondus !
Mes doigts malmènent le drap sur lequel transpire, s’épanche en de multiples anguillades vibrations, mon corps désarticulé.
Affolé, mais combien extasié.
La vie déferle de nouveau, en un prodigieux torrent de glaise étoilée, sur mes paupières. Elle contient mon être libéré, à la fois étonné et contrit. Comme pour mieux
le punir, le garder plus longtemps encore à ce monde qu’elle n’a pas encore la force ni le courage de refuser, de rejeter.
De cette nouvelle vie, de cette glaire vibrionnante jailliront de nouveaux vertiges et phantasmes. Nova carnivore, elle rayonnera d’ampleur avant d’exploser à
son tour, de s’épancher bien au-delà de mes lunules.
Je perçois la fabuleuse puissance du flux vengeur et jouisseur ainsi libéré.
Par moi et pour moi.
Issu de mon index droit !
Pointé en direction de l’ouverture femme.
Tirant de chaque être humain d’extrêmes équivoques, sentiments et sensations.
Différents, d’essentiels et démentiels sédiments !
Des gammes marbrées !
Des silex vivants, incandescents !
Voici que je hurle !
Je vis !
Je jouis !
Moi, berger de mille étoiles bannies !
Des longues attentes et des vains désirs.
Désormais, pour moi, tout est possible.
Tout !
...
L’implacable exigence de ma Cadence le retiendra donc rivé à moi.
Il attendra de moi jusqu’à l’ordre de se mouvoir, comme de chevaucher pour mon compte, chaque bulbe, chaque mémoire de ces êtres primitifs.
Il percera délicieusement, pour moi, drogue rare, le domaine réservé, insondable, jusqu’ici interdit et secret, combien tortueux de chaque conscience. Nous apprécierons
pleinement ensemble l’épanchement infini, infiniment délectable de toute jouissance ou douleur.
Toutes ces inhumaines émotions.
Rentrées ou librement exultées !
Provoquées et projetées !
Il s’abreuvera sans la moindre retenue, ç l’abondant flux de ce jus nourricier, dans lequel je puise mon plaisir et ma force. À cette sève, à cette moelle extraite des
intelligences habilement violentées de tous ces barbares.
Nous jouirons de concert de cette ardente et nécessaire sujétion. Il se gorgera avec moi de cette ardente lave vitale, dont il ne pourra bientôt, lui aussi, se passer.
Il sera pour cette humanité d’homoncules et culs véreux, à l’origine ou le prétexte d’une multitude de téméraires et paradoxales ambiguïtés.
Et d’autres éparses, artificielles, suaves, effarantes sensibilités outragées.
Toujours sous-jacentes !
Toujours exacerbées !
Bientôt, avec l’aide des siens, pour mon divin plaisir et mon extravagante jouissance, aucun sentiment, quel qu’il soit, individuel ou légion, heureux ou haïssable, ne se
justifiera, n’aboutira sur cette planète piégée.
Sans que j’en aie décidé l’heure.
L’ampleur, la cause et la finalité !
Ainsi il stimulera, canalisera dans la direction que je souhaite, tout flux vivant.
Cette inestimable énergie.
Toute cérébrale et motrice.
...
La tête dans les étoiles te voici maintenant dehors.
Un clou d’argent rivé entre les yeux, te frayant un passage jusqu’à l’aube. De diurnes albatros aux diamants nichés sous les ailes planent au-dessus de toi à la recherche de la
chimérique colombe du temps.
Tes enjambées bousculeront la nuit, enfanteront de nouveaux soupirs, de nouvelles insignes mélopées aux étranges, humaines équivalences.
Tu respireras la nouvelle, la délicieuse odeur du monde. La fraîcheur du soir effleurera ton visage tuméfié. Ta vie s’offrira, s’élancera alors sans aucune retenue à la
rencontre de mon éternité.
À la fois bouffi d’espoir, d’une folle et possessive candeur, d’une haine exquise comme d’un amour homicide, ton esprit s’abandonnera totalement à moi. La chaleur de ton être
m’inondera. En ma compagnie, sur mes épaules, tu arpenteras l’infini.
Apprécie, sans retenue, aucune et à tous sens déployés, cette courte, illusoire liberté !
Car déjà tu repartiras.
De nouveau tu fuiras.
Croyant m’échapper, tu me précèdes.
Tu poursuis, tu mènes ma Cadence.
...
Flagellés, exilés, nous descendîmes à genoux, sous une infernale chaleur, pieds nus et mains liées,
les interminables escaliers de hautes cathédrales.
Monuments cintrés par tant d’amour !
Par tant de haine et d'espérance.
Compromises, à jamais corrompues, les voûtes de la nuit en tremblent encore de dépit et de fureur.
Tant de sombres, de magnifiques espaces chavirés, remis en perpétuelle rotation
Convexes entonnoirs à fiels.
Fissipares succions dépourvues d’adhérences et de latérales issues.
Ces éclairs, ces jubilations, ces allégresses retenues !
Ces torrents d’amertume furent les mêmes qui précédèrent la Création en divers chaos concertants.
De l’homme, souverain barbare, souverain en son domaine !
Gaspillant sa subtile, vitale énergie.
...
Notre frère, notre ami.
Nos tourments, nos vertiges et nos souillures furent autant d’épreuves, d’entraves à ta propre existence. Cette démentielle catastrophe provoqua aussi pour toi une
injustifiable errance.
Mais avec toi nous retrouverons la tranquille banalité des lancinantes heures de jadis.
Sa moiteur, ses sinueux détours.
D’une extrémité à l’autre du cri silencieusement proféré, nous nous loverons en silence !
...
Libre course.
Folle, interminable poursuite.
...
Mais comment oublier ?
Comment pardonner ?
Le polluant sialisme de ces êtres arrogants qui tentèrent de nous exterminer ?
Leurs furieuses démangeaisons anales, ranimèrent en nous le nauséabond remugle d’une mort en rut.
Chevauchée par l’étron noir fourchu d’un destin tronqué !
Et depuis.
Et sans cesse.
D’éternelles et polaires nuits habitent nos rivages stériles et désolés .
Notre désir inassouvi n’a plus d’ombre ni d’écho.
...
Ces hordes de mendiants nus pieds !
Ces humains aux indécents sifflets !
Éventrant et consommant les meilleurs de notre race.
Nous éloignant pour si longtemps, si de toi.
La Terre !.
Les rousses, crépitantes chevelures de ces sauvages habitent encore nos mémoires.
...
S’installèrent alors en nous la confusion et son lancinant écho. Débutèrent pour nous un interminable vagabondage et son carrousel d'affligeantes déconvenues, ses feintes
émergences.
Depuis notre départ, la peur s’installa sur cette Terre beaucoup trop mal famée. Enfourcha le masque étroit, combien hideux de la solitude.
...
La Terre !
...
C’est ta prime enfance dérobée, celle que tu n’as jamais connue,
Comme ton propre bonheur confisqué,
Ton passé, ton avenir,
Que nous venons pour toi,
À travers nous, d’évoquer.
...
Maintenant, va ! Notre frère, notre aimé, va !
... il cria d’une voix forte ... sors ... et la Mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé des linges radieux de la nuit...
Parviendront alors jusqu’à toi d’exotiques murmures, de fantastiques mouvances.
Se confondent !
Se confondront toujours en toi le pire et le meilleur.
Des pièges, des prismes.
Aux lourdeurs violacées.
Nombre de boursouflures.
De délicats parfums issus de temps immémoriaux !
D’époques révolues.
Jusqu’ici constamment abusées.
...
Nombre et nombre !
D’autres, et d’autres !
Disparates, mouvantes découvertes et déconvenues.
Greffées sur l’écoeurante palette des pathétiques illusions particulières à ces prétentieux ignares, dits humains.
À toi, notre frère, notre bien aimé, notre écartelé, d’apprêter cette vengeance qui nous est due. De recomposer ses savantes arabesques, toutes à la gloire du regret
comme de l’universel rejet.
De déployer entre tes bras cet arc-en-ciel, peuplé des infectieuses émanations du trépas, d’hypocrites intuitions.
Cancer ! Sida !
Avec ses puériles et baroques visions interchangeables.
À l’intention de ces bâtards égarés, avides et jouisseurs.
En quête d’un savoir, d’une révélation qu’ils n’atteindront jamais.
Car tous traînent encore leur désir de vivre implanté plus bas que leurs talons.
...
Est-ce ? Ô ! Est-ce ?
Immense bonheur, il approuve!
Il suffoque d’attention, de plaisir.
Il écoute, le cœur parcouru par la fuite d'un oiseau bleu aux pattes baguées. Déconcerté, vaguement effrayé, il discerne nettement, provenant d’un lieu, d’une direction
inconnue, ignorée de lui-même, diverses, mille troublantes tonalités.
Mille harmoniques, variantes et gammes cintrées !
Comme la répétition obstinée de plusieurs sons. Parfois mats, parfois aigus, finalement angoissants.
Tel un appel.
Le signe qu’il attendait ?
Il déchire, écorche le silence.
Il met à vif l’esprit dérouté de mon Adam. Bientôt comme un reproche, fusent, sanglotent dans ma direction six notes brèves, six longues, puis six autres brèves.
Mystique, illuminé S.O.S !
Six cent soixante-six Alléluheil !
Mystique perfusion.
Est-ce ? Ô ! Est-ce ?
Alléluhiel ! Alléluheil !
Est-ce ? Ô ! Est-ce ?
Ces sacro-saintes notes !
Cette prière, la mienne !
S’immiscera en lui. Au plus profond de son intimité. S’agrippera à son être pétrifié et transi.
Elle investira sa conscience et sa raison. S’y maintiendra par de nombreux hameçons, points d’interrogation chauffés à blanc.
Elle donnera naissance à mon universel Pater.
Elle justifiera toute profonde détresse.
Toute dérive circulaire, sans appui.
Cette prière aux sacro-saintes notes.
Elle éloignera, rapprochera de lui de prometteurs, d’inexplorés, d’improbables rivages.
Est-ce ? Ô ! Est-ce ?
Alléluheil ! Alléluheil !
... six notes brèves... si longues... puis aussitôt, acérées et contendantes, six autres brèves... S.O.S...
Omniprésente et imprévisible, depuis l’infini mon envahissante Cadence tracera, balisera, prolongera désormais sa route.
Sa destinée.
...
La pièce te dévoilera ses sept issues, pour l’instant, masquées.
Un haut et long miroir, tel un serpent dressé, aux mouvantes écailles, se déplacera, allant sans relâche de l’un à l’autres des angles de cet espace clos.
Toi-même prisonnier de toi-même !
Cerné, indéfiniment dédoublé.
Chaque facette de ton être torturé tentera aussitôt de se retourner contre elle-même. Adressera avec une rare violence à ton corps, à ton esprit un permanent, insoutenable et
mystérieux reproche.
Décomposé, à l’infini démultiplié, tu seras dans l’obligation de découvrir, d’accepter ta propre image. De la recevoir en plein cœur, en pleine conscience. De la
contempler, comme semblable à l’un de tes tiens, identique à l’un de ces barbares humains.
Devant toi défilera le prisme cannibale et trompeur du Temps !
Un amas fluorescent, une boule de sang caillé se détachera avec une interminable expiration de chaque miroir. L’insolite et répugnant mélange de matières visqueuses,
marbré de veines sombres menacera de heurter ta face. Finalement, chaque nébuleuse de chair molle et putride explosera à proximité de ton visage.
Ton esprit développera alors en accéléré un fascinant spectacle. Projettera à l’aide de chaque miroir, aux sept point cardinaux, un envoûtant maelström prenant sa source, son
élan dans la transparence d’une larme. Pour finalement se métamorphoser en une larve informe. Avant que ne s’imposent à tes yeux, à ta raison les contours d’un fœtus vivant, humain.
Flottant devant toi tu découvriras un nouvel être qui te ressemblera. Jumeau ridicule et blême.
Translucide, bientôt flamboyant !
Ton double ?
La meilleure ou la pire version, excroissance de toi-même ?
Tu t’approprieras sans le savoir l’extraordinaire énergie émanant de lui.
Tu contribueras à sa rapide, sa parfaite croissance.
Et sa détermination deviendra ta loi !
Ainsi, tous temps, tous verbes confondus, annulés, j’étais déjà toi !
Tu percevras dans ton esprit et dans ton corps aiguillonné les premières atteintes, les premières morsures d’une nouvelle existence, aux vicieux, pernicieux
allers-retours.
Lourds rasoirs biseautés de la vengeance !
Toutes les définitives, inéluctables flétrissures de l’instant et du néant accouplés.
Et l’âge devint ta force !
Celle de ce nouvel être en toi, toujours le même, sans cesse recommencé, toujours inachevé.
Toujours toi.
Toujours moi.
Toujours nous !
... et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans...
...
Clament-ils, en chœur.
Qui les arrêtera ?
Nous sommes désormais les esclaves de chacun de tes vents !
Nous te réservons la première et la dernière de nos filles, de nos femmes !
La première saillie !
Celle de notre centaure hermaphrodite ! Jadis hâbleur et reproducteur hors pair ! Roux, des tympans aux talons !
Tu as toujours été pour nous le messager transfiguré de l’amour ! Que nous avions jalousement gardé en nous !
Notre unique espoir !
Notre coursier solitaire ! Sellé pour ton contentement !
Aujourd’hui, ta présence nous brûle, nous consume, nous enivre !
Elle nous piège délicieusement !
La pieuvre de ton regard !
Ah ! La proximité de ces temps nouveaux nous enchante !
La surprise, la venue d’une prochaine aurore attendue !
Ces dentelles ! Ces hosties aux pastels circonvolutions ! Ton énigmatique masque ! Aux rares angoisses ! D’ambre ! Et de fumées turquoises !
Et transitoires cheminements !
S’attardent ! Et réveillent tous nos sens ! Se complaisent sur l’échiquier aimanté de la passion !
Plusieurs obscènes, obscurs soubresauts ! D’impondérables, jusqu’ici oubliés, compromis réflexes !
Nous renaissons ! Avec cette autre divine certitude, pour couronner l’ensemble ! Oui, nous sommes mortels !
Nous serons désormais déliés !
Nos nervures adroitement chevauchées ! Hachurées bientôt subitement interrompues !
Certains havres, tous, impitoyablement démystifiés, amputés de tous leurs braillards ressentiments ! Et clinquantes chiures métaphysiques !
Ainsi, de nouveau !
L’infini de merde ! Le néant de merde ! Le futur de merde ! L’esprit de merde !
Certaines clameurs poivrées, à jamais interloquées ! Au milieu d’innombrables oasis avides ! Aux énigmatiques, impromptus maniements amoureux et guerriers !
Les voici ! Ils ébranlent déjà notre détermination, notre oraison finale ! Tandis que nos cœurs impavides demeurent gonflés de vie, lourds d’une mort
possible, annoncée !
Retrouvée !
Débordants d’un insoutenable amour !
Toutes ces infernales, épouvantables équinoxes du souvenir sont déjà derrière nous !
Solitudes équestres ! Printanières boursouflures ! Mitigées pourritures ! Ces innombrables, éprouvantes saisons mêlées !
Du désir et du cri ! Ces terres désertiques, ces sables noirs vitrifiés ! L’incertain chuintement d’un rire énorme, d’un étonnant sarcasme !
Toujours mystérieusement ordonnés ! Est-elle désormais derrière nous, cette vaine, triste, toujours aussi factice, inconsistante et sourde interrogation ?
L’univers déchire ses oripeaux, se découvre enfin à nous !
Accepte notre présente, notre inévitable, irréversible et combien folle passion !
Reconnaît notre interminable attente ! Notre dominateur, triomphal bonheur !
Notre frénétique combat !
Notre besoin de communiquer !
Derrière nous émergent de tels silences !
Nos étendards tressés d’une céleste semence !
Bruyants de notre souveraine révolte !
Certaines guirlandes hâtivement givrées ! De baroques et fragiles cercueils d’argile encore ! Retenus amarrés aux rives chauves de notre prochaine embolie ! Des liens
plus forts que notre volonté de survivre et de mourir, nous retiennent, rivés au cadran de ces nouvelles heures !
Comme l’odeur d’anciennes vomissures blêmes.
Et d’autres passionnés chants d’amour ! Nos canines aiguisées exultent alors quelques bienheureux protocoles d’extermination !
Nos iris suintent l’allégresse et la joie !
Et voici ! que l’être annoncé nous offre !
Et la serrure ! Et la clef !
Communiquer !
Communiquer !
...voici notre prophète ...voici notre bienheureux Sauveur...
Clament-ils, intarissables, à l’unisson.
|
|
|